Les chaînes d'une esclave.

Publié le par SarahMoon

 Ce matin nous avons assister à l'enterrement du capitaine Gyalles et des hommes tombés durant la bataille. Mademoiselle Sarah ne cessait de pleurer, quant à sa soeur Lilly, comment dire? Elle n'est pas venue aux obsèques.

 Je crois que sa peine n'en est pas moins profonde, elle a juste une autre façon de l'exprimer, ou plutôt devrais-je dire une façon de la noyer dans le vin très efficace. Elle est revenue aux aurores ivre morte et c'est aussitôt effondrée. Je supposse qu'elle remettra cela dès son réveil. Comme hier, et avant-hier...

 Quant à moi si j'avais pu je me serais dispensée d'assister aux obsèques. Je savais que mon maître y serait. Le capitaine Gyalles et ses hommes morts en héros ont eu droit à des funérailles publics, la foule se pressaient en nombre. Mademoiselle Sarah par sa position sociale et son lien de parenté avec le capitaine Gyalles était en tête du cortège, comme je l'accompagnais j'ai eu le privilège insigne d'être à ces cotés. Et par conséquence durant toute la cérémonie, j'ai sentis sur nous le regard brûlant de mon maître EsteKeve.

  Lorsque son esprit a touché le mien me rappelant la mission dont j'étais chargée, j'ai manqué m'évanouir. Je sais ce qu'il ferat si je désobéis, si je manque à ma mission.  Mademoiselle Sarah ignorant ce qui se passait et l'attention que lui portait le Seigneur EsteKeve a imputé mon malaise à mes blessures. La façon dont elle m'a remercié de mon soutien, en s'excusant de m'imposer cette épreuve, alors que je me remettais à peine de mes blessures m'a profondément touchée.

 La pauvre! Je me sens si honteuse devant une telle sollicitude! Si elle savait que mon évasion, mes blessures ne sont qu'une machination de la part du Seigneur Estekeve.... Elle m'a ouvert sa porte, m'a traité en égale, moi qui ne suis qu'une esclave. Elle me sert, me fait à manger comme si j'étais la maîtresse et elle la servante, m'interdisant la moindre activitée sous prétexte de mes blessures.

 Mais je ne suis qu'une vile esclave tenue d'obéir à mon maître. Le Seigneur Estekeve a fouillé mon esprit, il sait à présent tous ce que j'ai pu voir. Il m'ordonne de la servir et de lui rendre compte de tout ce qu'elle ferat. Et j'obéirais car je ne suis qu'une esclave.

Pourtant j'ai peur pour elle, j'ai peur car je sais ce dont mon maître est capable. J'ai peur car cette femme qui n'est encore qu'une enfant m'a ouvert sa maison et son coeur à moi qui suis une îlote, d'une façon, dont je n'aurais jmais crut une capable une personne libre.

 Et si je crains et hais mon maître, elle cette âme innocente et sa soeur si fière qu'elle s'interdit les larmes, elles, je sais que je les aiment déjà. Si j'avais été libre, j'aurais été heureuse et fière de porter le nom d'amie qu'elles me donnent, déjà moi qui ne suis qu'une inconnue. Mais je suis née esclave et je porterais toujours les chaînes de mon servage.

 Alors même s'il m'en coûte, même si je désaprouve, même si je hais et si je craint l'homme que je sert quant tous me portent vers Mademoiselles Sarah et Lilly je n'en continuerais pas moins à le servir. Car je ne suis qu'une esclave. Et les esclaves n'ont pas droit aux sentiments, servir est leur malédiction.

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