La vie dans un brouillard d'ouate.
Le temps s'écoule imperceptiblement. Mais il s'écoule, m'éloignant inexorablement de l'instant de la mort de Gyalles, des moments que nous avons véus ensemble, que nous ne vivrons plus.
La maison est si vide sans lui, pourtant cela faisait longtemps qu'il n'y demeurait plus sa fonction de capitaine l'obligeant à vivre dans la caserne. Cependant il flottait un peu de sa présence, comme une odeur rémanente, l'idée de son retour était là en note de fond. Maintenant chacun des objets familiers est un rappel de son absence.
La balancelle on l'on s'asseyait les soirs d'été.... nos longues conversations. Gyalles. Mon doigt passe sur l'antique rapière sur laquelle il faisait ses premières passe. Trop précieuse pour qu'il l'emporte dans sa salle de garde venteuse, disait-il en riant. Je crois que c'est surtout la valeur sentimentale de cette arme qui lui importait. Il en a eu de meuilleurs, et de bien plus belle.
Je me souviens de la façon dont il s'y accrochait la première fois ou nous nous sommes rencontré. L'épée de son père, son seule héritage de valeur et sa plus grande fierté. Je le revois encore la portant à bras le corps, petit bonhomme dépassant à peine son fardeau de quelque cheveux.
Les larmes aux yeux, il s'est approché de l'armurier en demandant combien il pourrait en obtenir. L'homme était un honnête homme, quelqu'un de brave, il la racheta à un bon prix, en soupirant. Bavard ce jour-là, il me raconta l'histoire de ce petit bout d'homme.
Un père mort tué par un noble laissant une famille sans le sou. La mère vaillante se tuait à la tâche. Et le gamin un brave garçon souligna-t-il faisait de son mieux pour l'aider en tant qu'aîné. Mais le travail ne cours pas les rues pour un aussi jeune garçon. Et les temps étaient durs.
Je suis sortie songeuse. Pour le croiser reniflant sur une borne. Regard de défi. Quelque chose m'a interpellé, et je l'avoue l'envie de faire la nique à la noblesse du palais m'a titillé. Il me fallait un "page", celui-là était issus d'une bonne famille bien que déchue, je décidais sur un coup de tête qu'il ferrait l'affaire.
Je savais que ce n'était pas ce genre de page qu'on voulait me voir. Mais je détestais l'athmosphère de cour délétère qui régnait au palais. A l'époque il était hors de question que je quitte le giron du prince, alors il me fallait composer. Gyalles fut un peu pour moi une bouffé d'air pur.
Nos innocentes frasque défrayèrent le palais et la bigoterie pudibonde ambiante. Et lorsqu'il fut en âge, ou il n'était plus convenable de le laisser en compagnie d'une demoiselle, je le fis entrer dans les gardes. Beaucoup pensent que nous fumes amants, mais moi je me souviens de ce petit garçon qui pleurait d'avoir du vendre le dernier souvenir qui lui restait de son père.
Et pour lui... Vous savez je n'ai jamais grandit depuis le jour de notre rencontre. Et puis il y avait Lilly...