Kyo: Samouraï deeper Kyo Tome 1
Editeur: Kana
Auteur: Akimine Kamijô
Date de parution: avril 2001
collection: Dark Kana
parution original: Shûkan Shonen Magazine
Nombre de pages 192
Format 12/18 cm
Illustration noir et blanc
ISBN:
Résumé:
Quatre années ont passé depuis la terrible bataille de Sekigahara et les samouraïs qui ont survécu sont aujourd'hui des nomades errants à la recherche d'un sens à donner à leur existence. Kyôshirô Mibu est un vendeur ambulant de médicaments et d’artifices en tous genres. Sur sa route, il fait la connaissance de Yuya, une chasseuse de prime, à la recherche de nouvelles proies parmi lesquelles figure un certain "Kyô aux yeux de démons".
Yuya ne tarde pas à découvrir que Kyôshirô et Kyô sont en réalité une seule et même personne. Ou presque. En effet, il s’avère que l’esprit de Kyô aux yeux de démons sommeille dans le corps de Kyôshirô et ne se réveille que dans les moments où le danger se présente. Kyôshirô devient alors un terrible guerrier sanguinaire et sans pitié dont la réputation a fait le tour du pays après la bataille de Sekigahara. On raconte qu’il aurait tué à lui seul plus de 1000 guerriers!
En réalité, Kyôshirô recherche une personne qui serait capable de mettre fin aux apparitions de Kyô. Yuya, quant à elle, recherche l’homme qui serait responsable de la mort de son frère. Kyôshirô et Yuya commence à faire route ensemble à travers le Japon et rencontrent tour à tour des personnes qui détiennent des fragments de réponse à leurs questions respectives...
Une histoire passionnante, entourée de nombreux mystères!
Mon avis personnel:
Cette série en cours compte actuellement 34 numéro disponible en france. Samouraï Deeper Kyô" (SDK) est à l'origine publié dans l’hebdomadaire Shûkan Shonen Magazine de l’éditeur japonais Kôdansha. Le "Magazine" donne rendez-vous chaque semaine à près de 3,5 millions de lecteurs et compte des titres tels "Hajime no ippô" (Jôji Morikawa), "Kunimitsu no Matsuri" (Yûma Andô / Masashi Asaki), ou de grands outsiders tels que "Rave" (Hiro Mashima) ou "Get Backers" (Yuya Aoki / Randô Ayamine).
Très habilement, Akimine Kamijô fait des révélations sur ses personnages et leur passé, et aiguise notre curiosité sans cesse. On aurait pu croire à une histoire toute simple,ou le héros et son pire ennemi semblent être la même personne: Kyô (aux yeux de démon) est le héros invincible, craint de tous; Kyôshirô est son seul rival sérieux, les deux existant à tour de rôle, à travers la silhouette de notre héros. L'auteur aurait pu se contenter d’avancer épisode par épisode, laissant apparaître ici et là le terrible "Kyô aux yeux de démon". Il n’en est rien, et chaque tome est une bonne surprise.
Durant les 3 premiers volumes, on ne sait pas exactement comment l’auteur va rythmer son histoire, on constate malgré tout qu’il y pose des bases indispensables pour la suite: c’est le début de l’histoire qui nous permet d’apprendre à connaître Kyôshirô la plupart du temps, et qui nous laisse entrevoir Kyô par intermittence.
Au milieu du volume 3, la tendance s’inverse complètement, et bien que l’apparence du personnage reste la même, le héros change. Kyôshirô s’efface et Kyô apparaît. Ce procédé narratif est émaillé de mystères.
Car dans SDK les apparences sont trompeuses: Kyôshiro et loin d'être un simple vendeur ambulant, Yuya n'est pas une simple chasseuse de prime motivé par le seul appât du gain, Tigre rouge est loin seulement d'être un mercenaire... Différents mystères parsèment le manga et si l'auteur nous offre parfois des réponses, elles ne font qu'ouvrir les portes d'interrogation nouvelles.
Si les personnages de troisième plan passent très rapidement au statut de simples figurants, les personnages secondaires, quant à eux, auraient bien assez de personnalité pour voler la vedette à Kyô / Kyôshirô. Dotés d'un grand charisme et d'une personnalité propre, ces personnages évoluent au fil du manga et interagissent entre eux faisant la richesse de SDK. Il est à noter que SDK compte des personnages féminins occupant le devant de la scène.
Fait d'autant plus remarquable qu'il est rare de constater la présence de femmes dans un manga de samouraï. Ici elles occupent une place certaines en particulier Yuya et Okuni que l'ont pourrait d'ailleurs comparer au couple Kyo/Kyôshiro dans le sens ou elles se placent à deux extrêmes de la féminité.
Bien qu’elle sache se défendre par ses propres moyens, Yuya est là, avant tout, pour transmettre au lecteur les sentiments que peut faire naître la présence d’un double personnage comme Kyô / Kyôshirô. A travers ses réactions, on suit l’évolution des combats mais, surtout, on devient témoin des changements qui s’opèrent en Kyô / Kyôshirô. Le double héros tend d'ailleurs à ne faire plus qu’un, lorsqu’il s’agit de protéger Yuya. C’est le seul et unique moment où cet aspect se révèle.
Okuni, quant à elle, est LA femme séduisante de l’époque par excellence, presque irrésistible. D'un point de vue caractériel elle est également à l'opposé de Yuya. Et si paradoxalement elle semble plus à sa place dans l'univers ou évoluent Kyoshiro/Kyo c'est cela qui rend Yuya plus attirante qu'elle aux yeux de Kyo/Kyôshiro.
La complexité et la richesse de SDK font de lui un manga grand public. Une série qui vous embarquera sans conteste pour un voyage au long cours dans un japon médiéval uchronique en compagnie d'une bande de joyeux drilles.