J'entend la pluie tambouriner à la fenêtre.

Publié le par SarahMoon

  

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  La maison est pleine de bruits. Les yeux grands ouverts, envellopé dans mon châle je reste à l'affût du moindre son. Je savoure  chacun de ces bruissements, palpitant d'émotion à chaque fois que je découvre un nouveau son. Il y celui familier du feu ronronnant dans son âtre, le pépiement joyeux des Fayrie's Doll's, les étirements de la maison qui font craquer le plancher et surtout, j'entend la pluie tambouriner à la fenêtre.....
 Avant le moindre bruit m'effrayait, je passais mon temps à guetter, sursautant au moindre indice présageant un danger... Le bruit de la matrone qui venait mes réveiller le matin, l'arrivé des soldats en quête d'amusement, la voix de mes maîtres claquant comme des fouets et m'appelant à leurs services. J'écoutais les nuances vocales de mes maîtres tentant fébrilement de deviner leurs états d'esprits afin d'éviter les châtimentsles plus durs, car de toutes façons on était toujours punis, j'essayais juste de ne pas l'être trop souvent, ni trop rudement.
 Et puis les cris, tous ces hurlements de peur et de douleur retentissants sans cesse, la nuit je me réveille encore, persuadée d'avoir entendu le grincement d'une porte, des pas lourds se dirigeants vers moi, mon corps se crispe appréhendant les coups... 
 Mais chaque matin je me réveille ici, et chaque soir je reste un long moment immobile savourant les bruits de cette grande maison. Parfois j'entend le bruit d'une chaise grincer sur le plancher, mais ce soir j'entend la pluie tambouriner à la fenêtre et j'attend le retour de ma petite maîtresse. 
 Cela fait deux nuit déjà qu'elle s'est absentée. En partant  Mademoiselle Sarah m'a expliqué qu'elle ignorait la durée de son absence, restant floue sur sa destination, " au coeur des choses, mais ce n'est pas très loin...". Elle a dût sentir mon angoisse car elle a demandé à ces Fayrie's Doll's de veiller sur moi, m'expliquant comment les circonvenir pour m'aider aux tâches quotidiennes.
  De toute façon elles savent ce qu'elles doivent faire dit-elle en haussant les épaules, il faut juste les gaver de sucreries pour qu'elles ne s'éloignent pas en mon absence.  Mais pas trop ajouta-t-elle à la réflexion en lançant  un regard critique sur certaines Fayrie's Doll's estimant au jugé leur embonpoint.
 Elle est partie en me préparant pour une longue absence, et pourtant je la revois partir sans un bagage, sans un parapluie, avançant sous la pluie avec insouciance daignant à peine relever ses jupes là ou l'eau s'accumulait en flaques. Je n'aurais jamais crut avant de la connaître que je m'inquiéterais pour quelqu'un et surtout pas pour ma maîtresse
 J'entend la pluie tambouriner à la fenêtre et je sais que lorsque la porte s'ouvrira sur Mademoiselle Sarah je ne l'entendrais plus....

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Publié dans argentorate

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