Visite aux Vestales d'Argentorate.
Pour tout vous avouer la mission dont m'avais chargé les Gardiens m'embarrassait. Je n'aime guère sortir de chez moi, plus qu'il ne m'est nécessaire. Je cours toujours le risque qu'on me reconnaisse pour ce que je suis. Et c'est une chose que je préfèrerais éviter, même si je dois bien l'avouer, il est peu probable que la plupart des gens soupçonnent ma nature réelle.
La grande majorité des gens à qui j'ai affaire ignorent même l'existence de ceux de ma race. Et quand à ceux qui pourraient la soupçonner, j'ai grand soin de les éviter et de leur dissimuler tout indice. Cela peut sembler un tantinet paranoïaque mais les siècles m'ont appris la prudence.
Mais sans compter ce léger désagrément, la vrai raison de ma mauvaise volonté est l'impression que les Gardiens ont un peu trop tendance à crier aux loups. Ce n'est pas la première fois qu'ils font appel à moi depuis mon arrivé à Argentorate. Certes j'aurais mauvaise grâce à ne pas aider la ville qui m'a acceuillis, mais je ne veux pas être considéré comme la panacée universel à tous leurs problèmes.
J'ai donc décider de rendre visites aux vestales afin de me faire confirmer la gravité du problèmes. Oui je sais, moi aussi je me suis inquiétée des phénomènes récents! Mais j'estime que cela ressort du travail des Gardiens!
Bref, je me suis rendu au temple, comme d'habitude la foule des fidèles se massaient aux grilles, et les gardes régulaient leur entrée dans la cour intérieur du temple. Je jettais à peine un coup d'oeil avant de faire le tour, pour frapper à une petite porte se trouvant dans une ruelle adjacente.
Un oeil me regarda, puis le judas claqua, j'entendis un cliquetis de clefs et la porte grinça sur ses gonds. Les règles sont très strictes: seules les femmes sont admises au sein du temple, et parmis les femmes la plupart sont des femmes de charges.
Lorsqu'on veut rencontrer une Vestale en-dehors du temple (ou une grille sépare fidèle de prêtresse), il faut le faire dans un lieu public, avec une multitude de chaperon. En fait elles se chaperonnent entre elles, (si la crainte de ce qui pourrait leur arriver ne suffisait pas!)
Bref! Passons sur ces disgressions! J'ai rendu visite à la "Mère des Vestales", elle se leva et voulu une fois de plus me rendre ses hommages et patati et patata... Franchement je trouves indécent qu'une femme de son âge soit obligé de s'incliner devant moi. Surtout que son arthrite et les frasques de ces protégés sont assez pénibles à supporter.
J'admire beaucoup cette femme, pour le courage dont elle a fait preuve dans la vie. On raconte que Mathilde était très amoureuse d'un jeune homme avant d'ête choisit pour être vestale. Ces parents durent la droguer, et elle resta enfermer pendant de longs mois dans le temple.
Lorsqu'elle eu enfin un peu plus de liberté, Mathilde apprit que les parents du jeune homme, qui de toute façon la considérait comme un mauvais parti (fille de marchand, pouah quel horreur!) avait marié leur fils à une fille de la noblesse. Elle se trouvait dans un bal lorsqu'elle apprit cela. Sa rivale s'y trouvait également. Très dignement, elle traversa la salle et alla présenter ses voeux au jeune couple. Son statut de vestales lui conférait une aura et un rang suffisament important pour en imposer à n'importe quel fille de la noblesse.
Lorsqu'elle fut relevé de ces voeux, elle fut courtisée et épousa un officier de la garde royale, un chevalier issus d'une famille modeste mais sans tache. Malheureusement, il mourut quelque années plus tard lors d'une patrouille aux frontières d'Argentorate.
Elle resta veuve, et comme toute ancienne Vestales, elle retourna au temple pour son veuvage. L'ancienne "mère des Vestales" étant très âgée, Mathilde qui ne désirait pas rester inactive la seconda ctivement, et c'est tout naturellement qu'elle fut désignée pour lui succéder.
Depuis près d'un demi-siècle, elle occupe cette charge avec honneur. Et je crois que la vieuille Jeanne serait fière d'elle. A l'époque je me souviens qu'elle en parlait avec toute la fierté d'une mère. Cette femme qui n'avait jamais connu d'enfant était bien la mère de toutes les vestales à mon sens, tout comme Mathilde.
Nous avons beaucoup parlé, j'oublis souvent que la vie humaine est si brève, et que la notion du temps n'est pas la même pour eux. Le visage de Mathilde est si ridée. Je me souviens encore d'elle lorsqu'elle fut admise au temple. On voit encore les traces de sa beauté passée, mais c'est une beauté plus vrai, plus profonde, une beauté empreinte de calme et de sérénité. Je crois qu'elle se prépare à l'inéluctable. Cela me parait étrange...
Une jeune femme se tenait à ses cotés pour la seconder. Je crois que Mathilde à déjà choisit la personne pour lui succéder. La fille me plaît bien, je tâcherais de suivre son évolution voir de la seconder, je dois bien cela à toutes celles dont elle a prit la relève. La fille a émit quelques remarques pleines de bons sens. Il semblerait que certaines Vestales fassent d'étranges rêves en ce moment.
Toutes ces Vestales étant de jeunes prêtresses, tout juste ordonnées, nul n'y a prêtés garde. Néanmoins, le fait est curieux. Mathilde m'a promis d'interroger les jeunes filles en questions, afin d'élucider le mystère. J'espère qu'il ne s'agit que d'un peu d'hystérie, et non pas d'un message d'Argentorate.