l'essentiel de la SF selon les Pages SF

Publié le par SarahMoon

La science-fiction a (parfois à l'excès) tendance à privilégier les séries et cycles. Trois d'entre eux ont su devenir incontournables, et nous obligent à les citer en premier.

  • Isaac Asimov, Fondation : le livre-phare de l'âge d'or de la SF, où comment pallier au chaos suivant la fin de toute civilisation. Le souffle historique et les énigmes subtiles du "Bon Docteur", dont le style clair et facile à lire conviendra à tous.
  • Frank Herbert, Dune : Toute la galaxie est avide de l'épice, cette drogue produite uniquement sur la planète Arrakis, mais pour ses habitants, le bien le plus précieux est l'eau... Ce space opera aux multiples intrigues et luttes de pouvoir est le plus gros best-seller de la SF du XXè siècle. C'est aussi un des premiers romans écologiques, au sens où il abandonne une pensée linéaire et naïve du progrès "facile" pour aborder le crucial problème des ressources
  • Dan Simmons, Hypérion : Une oeuvre aux nombreuses références, qui mêle de nombreux clins d'oeil aux thématiques de la SF, des moments forts d'émotion, autour du thème de la douleur...

Le défaut de ces "monuments", c'est qu'ils occultent parfois le reste... notamment lorsqu'ils ne sont plus utilisés qu'à des fins commerciales, pour leurs noms "vendeurs", en étant déclinés en des romans annexes qui ne sont même pas signés par les auteurs originaux, comme c'est le cas pour Fondation et Dune. Pourtant, bien d'autres œuvres, y compris des romans plus simples mais plus denses, méritent toute notre attention.

  • John Brunner, Tous à Zanzibar : le plus complet et le plus célèbre de ses quatre romans d'anticipation, novateurs par leur forme et visionnaires par leur contenu, qui traitent chacun d'une facette différente d'un monde en décomposition. Une œuvre tellement exceptionnelle qu'il peut être conseillé aux novices de commencer par un autre Brunner avant de plonger dans ce tourbillon qui nous entraîne dans notre futur proche
  • Andreas Eschbach, Des milliards de tapis de cheveux : le livre qui a sorti la science-fiction allemande de sa léthargie. Réflexion sur le pouvoir, sens de l'histoire, un univers foncièrement original qui détourne les clichés, de courts chapitres relativement indépendants qui usent habilement de l'art de la chute comme de celui du rebond...
  • Bernard Wolfe, Limbo : Que peut-on faire lorsqu'on se rend compte que la société totalitaire que l'on découvre a pour livre fondateur un texte que l'on a écrit ? Roman de la pensée trahie, Limbo est aussi une exploration complète du thème de l'activité et de la passivité, dans ses implications philosophiques, sociologiques, sexuelles, politiques et biologiques...
  • Philip K. Dick, Ubik : le roman-phare d'un écrivain fou et/ou génial.
  • Norman Spinrad, Jack Barron et l'éternité : datant de 1969, à la même époque que les Brunner, il reste tout aussi actuel avec sa satire sans concession des médias. Le roman majeur de ce Californien exilé à Paris sous l'ère Reagan et qui explore non sans une certaine fascination toutes les formes de pouvoir
  • Ray Bradbury, Chroniques martiennes : le "poète" de la SF, pour employer un cliché habituel, a signé une œuvre profonde et intemporelle dont certains passages humoristiques sont d'anthologie.
  • Kim Stanley Robinson, Mars la Rouge : la trilogie martienne est peut-être l'oeuvre de science-fiction la plus réaliste, dans son apporoche conjointe politique et scientifique, jamais écrite. La colonisation de Mars comme si vous étiez. Ces romans sont longs et difficiles, et nécessitent d'attendre d'avoir le temps de les lire, mais sont absolument indispensables.
  • Iain M. Banks, L'homme des jeux et L'usage des armes : les deux romans géniaux du cycle de la Culture. Dans celui-ci, l'Écossais décrit son utopie, mais choisit de se focaliser sur ses défauts. Son cynisme raffiné, sa cruauté à point, la force de ses contradictions, son humour ironique ont permis à Banks, par ailleurs célèbre dans d'autres pans de la littérature, de se faire une place de choix en SF.
  • Christopher Priest, Le monde inverti : l'œuvre qui a fait connaître en France le maître des fins ambiguës, aux multiples interprétations.
  • Mike Resnick, Kirinyaga, une utopie africaine : les Kikuyus se voient attribuer une planète pour préserver leurs traditions, alors que leur peuple s'est vendu aux Occidentaux en s'admettant Kenyans. Un roman majeur, et pas joué à l'avance, sur le conflit entre la tradition et l'évolution.
  • Ian Watson, L'enchâssement : Un premier roman d'une richesse exceptionnelle. Court mais extrêmement dense, il mêle de manière passionnante sociologie, éthique, anthropologie, politique et surtout linguistique.
  • Walter M. Miller, Un cantique pour Leibowitz : d'un point de vue chrétien dont il faut supporter l'extrémisme sur la fin, ce roman décrit la conservation du savoir par un ordre monastique, chargé de préserver des données dont il ignore le sens dans un contexte de folie humaine récurrente.
  • Edwin Abbott, Flatland : écrit par un pasteur anglais à la fin du XIXè siècle, ce roman décrivant des êtres habitant des espaces à une ou deux dimensions est un hymne à l'ouverture d'esprit. Intéressante perspective historique entre la société sexiste et hiérarchisée décrite et celle dans laquelle Abbott vivait.
  • Catégorie humour : Le guide galactique de Douglas Adams, les Voyages d'Ijon Tichy de Stanislaw Lem, La dimension des miracles de Robert Sheckley.

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